Après l'instigation d'un comité de pilotage sur la fibre optique au mois de décembre dernier (dont l'objectif est d'aboutir un consensus sur le mode de déploiement de la fibre en France), trois décrets visant à faciliter le déploiement des réseaux de fibre optique viennent d'être publiés:
- le "droit au très haut débit", pour que chaque occupant puisse avoir accès à la ressource (fibre) arrivant dans l'immeuble
- l'encadrement des relations entre opérateurs et propriétaires, et instauration du principe de prise en charge du coût des travaux par les opérateurs
- le pré-câblage des immeubles neufs de plus de 25 logements (le seuil de 25 logements peut paraître élevé, compte tenu des autres travaux de raccordement nécessaires, et du contexte actuel sur le marché de l'immobilier neuf).
Parmi les prochaines étapes, nous retiendrons la publication du Tableau de bord ARCEP (fin Mars), et la mise en place d'un cadre réglementaire défini sur la fibre avant l'été (selon les souhaits du gouvernement).
Mais si l'on évoque souvent le déploiement de la fibre dans les immeubles des grandes agglomérations (dans le meilleur des cas, environ 30% à horizon 10 ans), on traite beaucoup plus rarement la question de l' augmentation des débits en zones péri-urbaines et rurales.
Or, ce point est essentiel pour éviter que la fracture numérique ne s'accroisse davantage.
L'objectif sera également de répondre à une demande potentiellement en hausse du marché, si l'on tient compte de l'évolution démographique actuelle. En effet, l'INSEE publiait le 13 Janvier dernier ses dernières statistiques en matière de démographie, et soulignait un retour à la croissance dans les espaces ruraux (certes, cela méritera confirmation suite au retournement immobilier en cours).
Le Plan Numérique 2012 prévoit de garantir à tous les français un accès de 512k minimum à partir de 2012, pour moins de 35 Euros / mois. Mais cela n'est pas suffisant.
Le gouvernement et les collectivités ont un rôle à jouer dès aujourd'hui, afin d'apporter la fibre et le dégroupage jusque dans les sous-répartiteurs ( Fiber-To-The-Curb), permettant ainsi de déployer la technologie VDSL. Certes, cela ne sera pas possible partout, pour des raisons de rentabilité. Mais commençons au moins par adresser les zones les plus rentables (mieux vaut 50% de la population avec un débit de 10Mbit/s et plus, que 30 à 40% seulement), en attendant que l'offre de services et contenus évolue et confirme davantage encore le besoin de débits accrus.
L'Allemagne avance sur cette piste, avec un partenariat entre Deutsche Telekom et Vodafone. Mais outre-Rhin, la typologie est plus favorable en ce sens que la distance moyenne entre sous-répartiteurs et points de terminaison de réseau (domiciles) est bien moindre qu'en France. La proportion de la population "adressable" avec la technologie VDSL y est donc supérieure.
Dans l'Oise, j'ai récemment constaté que l'on n'a pas su profiter des travaux de genie civil liés à l'installations d'éoliennes pour raccorder par fibre un central téléphonique et un sous-répartiteur distants de 5,5 km (alors même que le parc éolien est raccordé au réseau télécoms pour son pilotage à distance). Pourquoi ?
Le Plan Numérique mérite clairement une convergence accrue avec les projets liés à l'environnement et l'aménagement du territoire.
Passionné de nouvelles technologies et de sport,
j'utilise depuis quelques mois un GPS dédié au vélo et à la randonnée : le
